Dans une ETI de 2 000 salariés répartis sur plusieurs sites et filiales, la people review est souvent le seul moment où la direction regarde ses collaborateurs avec une grille commune. C'est aussi un exercice qui déçoit vite : des dossiers montés à la main dans des tableurs, des managers qui défendent leur équipe, des décisions qui s'oublient. Ce guide détaille la préparation, les données à réunir, le déroulé du comité, la calibration et le suivi, avec un modèle d'ordre du jour et une fiche talent prête à l'emploi.
People review : c’est quoi, et à quoi sert-elle en ETI ?
La people review, ou revue des talents, réunit la direction d’un périmètre, ses managers et les RH pour examiner collectivement les collaborateurs. Elle répond à quatre questions : qui performe et à quel niveau, qui peut évoluer et vers quoi, quels postes clés sont fragiles, quels collaborateurs risque-t-on de perdre. Elle se distingue de l’entretien annuel, échange individuel entre un manager et son collaborateur, par sa nature collective et par les décisions d’organisation qu’elle produit.
Dans une ETI multi-entités, l’exercice a une valeur particulière. Il crée un langage commun entre des sites qui recrutent, évaluent et promeuvent chacun à leur manière, et il fait apparaître des passerelles qu’aucun manager ne voit depuis son équipe : un chef d’équipe d’Annecy qui pourrait reprendre un atelier à Lyon, une contrôleuse de gestion de filiale prête pour un poste groupe. Un logiciel de revue des talents donne à cet exercice un cadre reproductible d’une année à l’autre : mêmes critères, mêmes dossiers, historique des positionnements et des décisions.
La grille utilisée en comité est le plus souvent la matrice 9-box, qui croise performance et potentiel. Ce guide porte sur l’organisation de la revue elle-même : la préparation, le comité et ce qui en sort.
Préparer la people review : les données à réunir et le rôle des managers
Une people review se joue avant le comité. Quand les dossiers arrivent incomplets, la séance se transforme en recueil d’opinions et les managers les plus éloquents emportent la décision. Prévoyez cinq à six semaines de préparation, juste après la clôture de la campagne d’entretiens.
| Donnée | Source | Ce qu’elle apporte au comité | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Atteinte des objectifs | Entretien annuel | Une base factuelle pour l’axe performance | Contexte de l’année (réorganisation, perte d’un client) |
| Niveau des compétences | Évaluation des compétences du poste | La maîtrise du poste actuel et l’écart aux postes visés | Échelle commune à toutes les entités |
| Faits marquants | Entretiens, feedbacks, one to one | Des exemples concrets pour argumenter | Biais de récence : couvrir toute l’année |
| Projet professionnel et mobilité | Déclaration du collaborateur | L’aspiration, souvent décisive pour le potentiel | Mise à jour récente, mobilité géographique précisée |
| Historique de carrière | Dossier collaborateur, revues précédentes | Les évolutions passées et les décisions non tenues | Ne pas reconduire une case sans réexamen |
| Engagement et risque de départ | Enquêtes, signaux de l’année | Les talents à sécuriser en priorité | Données d’enquête lues seulement au-dessus du seuil d’anonymat |
Les entretiens fournissent l’essentiel de cette matière : un exemple d’entretien annuel rempli montre le niveau de précision qui rend un dossier exploitable en comité. Si les comptes rendus se limitent à « bonne année, continue », la people review n’aura rien de solide sur quoi s’appuyer.
Le rôle des managers. Chaque manager pré-positionne ses collaborateurs avant le comité, avec pour chaque proposition deux ou trois faits datés. Le RH vérifie la complétude, relance les retardataires et repère les répartitions atypiques. Une séance de briefing de 45 minutes, avant le lancement, aligne les managers sur les critères : ce qu’on entend par potentiel, ce qui justifie une performance forte, comment parler du risque de départ.
Modèles : ordre du jour du comité et fiche talent
Exemple d’ordre du jour pour une direction de 60 personnes
| Séquence | Durée | Contenu | Animateur |
|---|---|---|---|
| Ouverture | 10 min | Rappel des critères, des règles de confidentialité et des objectifs de la séance | RH |
| Vue d’ensemble | 20 min | Répartition dans la 9-box par équipe et par site, écarts entre managers | RH |
| Calibration | 60 min | Discussion des répartitions atypiques, ajustements argumentés | Directeur du périmètre |
| Haut de grille | 45 min | Talents clés et potentiels : développement, mobilité, programme talents | Managers concernés |
| Situations à redresser | 30 min | Plans de progrès, repositionnements à étudier | Managers concernés |
| Postes clés | 30 min | Successeurs, échéances, postes sans relève | Directeur et RH |
| Clôture | 15 min | Relecture des décisions, responsables et échéances | RH |
Les collaborateurs dont le pré-positionnement ne soulève aucune question sont validés en bloc pendant la vue d’ensemble. C’est ce qui rend la séance tenable en une demi-journée.
Modèle de fiche talent
| Rubrique | Contenu attendu | Exemple rempli |
|---|---|---|
| Identité et poste | Poste, site, ancienneté dans le poste | Responsable méthodes, site de Lyon, 4 ans dans le poste |
| Performance | Atteinte des objectifs, niveau des compétences | 4 objectifs sur 5 atteints, compétences du poste au niveau maîtrise |
| Faits marquants | 2 à 3 faits datés | Industrialisation de la ligne 6 livrée en avance en mai |
| Potentiel | Critères observés, horizon, type de poste visé | Fort, horizon 2 ans, direction de site |
| Aspiration et mobilité | Projet exprimé, mobilité acceptée | Souhaite un poste de direction, mobile sur Lyon et Annecy |
| Risque et impact d’un départ | Niveau estimé et conséquence | Risque élevé, impact fort : savoir-faire méthodes peu partagé |
| Proposition du manager | Positionnement et action | Case 9, entrée dans le programme talents |
| Décision du comité | Action, responsable, échéance | Mission transverse sur Annecy au T1, mentor désigné, point à 6 mois |
Calibration : comment harmoniser les évaluations entre managers ?
La calibration est la raison d’être du comité. Sans elle, une performance « forte » signifie une chose dans l’équipe d’un manager exigeant et une autre chez son voisin. Quatre pratiques la rendent efficace.
- Comparer les répartitions avant les personnes. Afficher, pour chaque manager, la part de collaborateurs en haut et en bas de grille fait apparaître les écarts de sévérité en une minute.
- Exiger des faits. Chaque positionnement contesté se défend par des exemples datés. « Il est excellent » n’est pas un argument recevable.
- Utiliser des cas de référence. Deux ou trois collaborateurs dont le positionnement fait consensus servent d’étalon pour situer les autres.
- Éviter les quotas imposés. Une distribution forcée oblige à classer quelqu’un en bas de grille dans une équipe où tout le monde performe. Mieux vaut discuter les répartitions atypiques que les corriger mécaniquement.
Décisions et suivi : ce qui doit sortir du comité
Une people review sans suite abîme la confiance des managers dans l’exercice. Chaque cas discuté se conclut par une décision, un responsable et une échéance.
Les décisions les plus fréquentes : entrée dans un programme dédié aux hauts potentiels, mission transverse, formation ciblée, mobilité, plan de progrès, mesure de fidélisation. Pour les postes clés, le comité met à jour le plan de succession : successeurs identifiés, échéance (prêt maintenant, dans un à deux ans, à plus long terme) et plan de développement associé.
Le pont vers la mobilité et les compétences. Dans Teedia, une décision de comité ne reste pas dans un compte rendu. Elle alimente le plan de développement individuel du collaborateur, que la talent marketplace complète avec des postes, des missions et des mentors suggérés à partir de ses compétences. Les écarts de compétences relevés pour un successeur deviennent des actions de formation, et le manager retrouve l’ensemble au moment de préparer l’entretien suivant. La boucle se referme : l’entretien nourrit la revue, la revue nourrit le développement, le développement revient en entretien.
Les pièges de la people review en ETI multi-entités
- Des classifications qui ne se comparent pas. Entre deux filiales relevant de conventions collectives différentes, un même intitulé recouvre des responsabilités différentes. Comparez des faits et des compétences, jamais des titres.
- Le comité groupe qui découvre les dossiers. Sans consolidation préalable, le comité de niveau groupe refait le travail des comités d’entité. Il doit recevoir une synthèse : postes clés transverses, talents groupe, mobilités entre filiales.
- La confusion avec la revue salariale. Si la people review décide implicitement des augmentations, les managers gonflent les positionnements. Séparez les deux temps, même s’ils se nourrissent.
- Le potentiel réservé aux cadres. Les populations terrain (chefs d’équipe, techniciens, agents de maîtrise) restent souvent hors du périmètre, alors qu’elles fournissent la relève de l’encadrement de proximité.
- Des décisions prises sans le collaborateur. Une mobilité décidée en comité sans vérifier l’aspiration de l’intéressé a peu de chances d’aboutir. Le projet professionnel se recueille avant.
Ce que Teed change dans la préparation du comité
La préparation d’une people review représente des jours de compilation pour les RH : extraire les entretiens, relancer les managers, consolider les positionnements, monter un dossier par direction. Teed, l’agent IA RH de Teedia, prend en charge ce travail et le restitue dans le format attendu.
- Le dossier de comité par direction. Demandez à Teed « prépare le dossier de la direction commerciale » : il produit une synthèse par collaborateur depuis les données de l’année (objectifs, compétences, faits marquants, projet professionnel) et l’exporte en document Word ou en tableau Excel.
- Les écarts entre managers à calibrer. Teed compare les répartitions par manager et par site, à résultats d’objectifs comparables, et liste les équipes à examiner en priorité.
- Le suivi après le comité. Teed signale les décisions dont l’échéance approche sans action engagée, directement dans Microsoft Teams ou par e-mail, et répond aux questions du directeur depuis son mobile.
En séance, l’IA de Teedia peut aussi proposer un score argumenté sur chaque dimension du dossier, que le comité valide, ajuste ou écarte. Teed comprend le langage courant, enchaîne plus de 100 outils et reste accessible depuis Claude, ChatGPT, Copilot ou Mistral grâce au connecteur MCP. Il agit toujours sous les droits de la personne qui l’interroge : un manager ne voit que son périmètre. Les données de revue, parmi les plus sensibles de l’entreprise, sont hébergées en France chez OVHcloud, dans le respect du RGPD et de l’AI Act. L’IA propose, l’humain décide.
Comment choisir un outil pour la people review ?
| Critère | Ce qu’il faut vérifier | Ce que propose Teedia |
|---|---|---|
| Reprise des données existantes | Les entretiens, objectifs et compétences alimentent les dossiers sans ressaisie | Dossiers construits à partir des modules entretiens, objectifs et compétences |
| Intégration SIRH et paie | Organisation, postes et effectifs synchronisés | Connecteurs SIRH et paie, SSO |
| Multi-entités | Comités par entité, consolidation groupe, critères communs | Campagnes et comités paramétrables par périmètre |
| Grille de revue | Axes et critères adaptables à votre politique talents | 9-box paramétrable, six dimensions d’évaluation en séance |
| Comité dans l’outil | Ordre du jour, saisie des décisions en direct, traçabilité | Ordre du jour, dossiers, faits marquants et plan d’actions en séance |
| Suivi des décisions | Actions reliées aux PDI, à la formation et aux successions | Plans d’actions, PDI et plans de succession alimentés |
| IA et agent | Préparation des dossiers, détection des écarts, réponses en langage courant | Teed, agent IA RH, dans l’appli, Teams, e-mail, à la voix et via MCP |
| Confidentialité | Droits par rôle, hébergement, conformité | Droits par rôle, hébergement en France chez OVHcloud, RGPD et AI Act |
| Adoption par les managers | Préparation rapide, interface simple | Préparation en amont par le manager et par le collaborateur (projet professionnel, mobilité) |
Le critère qui fait la différence dans la durée est la reprise des données : un outil qui demande aux managers de ressaisir ce qu’ils ont déjà écrit en entretien sera contourné dès la deuxième campagne.