Plan de carrière : le construire avec chaque collaborateur

Du souhait exprimé en entretien au plan d'actions daté : compétences cibles, formations, missions et mobilités, avec un modèle rempli et le rôle de chacun entre collaborateur, manager et RH.

Par Romain Pennes · Mis à jour le 23 octobre 2026 · 8 min de lecture

Illustration : un collaborateur gravit des marches vers son objectif, symbole d'un plan de carrière en entreprise

Dans beaucoup d'ETI, le plan de carrière existe sur le papier : une case « souhaits d'évolution » dans l'entretien, remplie avec soin, puis relue quatre ans plus tard. Entre-temps, le collaborateur a vu passer des postes sans savoir s'il pouvait y prétendre, et son manager ignorait que la compétence manquante tenait en une formation et une mission de trois mois. Ce guide montre comment construire un plan de carrière en entreprise avec chaque collaborateur, du souhait exprimé au plan d'actions, avec un modèle rempli et le rôle de chacun.

Qu’est-ce qu’un plan de carrière en entreprise ?

Le plan de carrière décrit la trajectoire visée par un collaborateur dans son entreprise et les étapes qui y mènent. Il contient quatre éléments :

  • une destination : un poste, un métier ou un niveau de responsabilité ;
  • un horizon : en général deux à cinq ans ;
  • des compétences cibles : l’écart entre le niveau actuel et le niveau attendu sur le poste visé ;
  • des actions datées : formations, missions, mentorat, mobilités, avec un responsable pour chacune.

Il se distingue du plan de développement individuel, qui décrit les actions de l’année, et du plan de succession, qui part du poste à couvrir. Le plan de carrière part de la personne. Dans un logiciel de talent marketplace, ces trois objets se rejoignent : la destination du plan de carrière oriente les suggestions de postes et de formations, et le plan de développement en suit l’exécution.

Gestion des carrières : le rôle du collaborateur, du manager et des RH

La gestion des carrières échoue le plus souvent par un flou sur les rôles. Le tableau suivant clarifie qui porte quoi.

Acteur Ce qu’il apporte Ce sur quoi il s’engage
Collaborateur Son projet, ses motivations, ses contraintes (mobilité géographique, rythme) Tenir son profil à jour, suivre les actions, demander un point si le projet change
Manager La lecture du travail réel, les forces et les écarts observés Libérer du temps pour les formations et les missions, faire un point tous les six mois
RH La vision des postes, des passerelles, des besoins futurs et du budget Proposer des opportunités, arbitrer entre entités, suivre l’avancement
Mentor (si prévu) L’expérience du métier visé Un échange par mois pendant la durée convenue

Dans un groupe multi-entités, les RH ont un rôle supplémentaire : rendre possibles les passerelles entre filiales, où les conventions collectives, les classifications et les grilles diffèrent.

Du souhait exprimé en entretien au plan d’actions

1Recueillir le souhaitMétier visé, horizon, motivations, contraintes.
2Mesurer l'écartCompétences actuelles comparées au poste visé.
3Choisir les actionsFormations, missions, mentorat, mobilité.
4Dater et répartirJalons, responsables, budget.
5Suivre et réviserPoint tous les six mois, ajustement si le projet change.
Les cinq étapes pour construire un plan de carrière

1. Recueillir le souhait. L’entretien de parcours professionnel est le moment naturel pour le faire : il porte sur les perspectives d’évolution et les besoins de formation. Une trame d’entretien professionnel bien construite pose des questions précises : quel métier, à quel horizon, quelles contraintes, quelle mobilité géographique acceptée.

2. Mesurer l’écart. Comparez les compétences évaluées du collaborateur avec celles du poste visé, telles que décrites dans votre référentiel de compétences. L’écart se chiffre compétence par compétence, en niveaux.

3. Choisir les actions. La formation n’est qu’un levier parmi d’autres. Une mission de quelques mois dans le service visé, un mentorat en entreprise ou un remplacement temporaire développent souvent plus vite les compétences de terrain.

4. Dater et répartir. Chaque action a une date, un responsable et, si besoin, un budget inscrit au plan de développement des compétences.

5. Suivre et réviser. Un point tous les six mois, et une révision dès que le projet ou l’organisation change.

Modèle de plan de carrière rempli

Voici l’exemple de Camille, technicienne qualité dans une ETI industrielle de 1 800 salariés répartie sur quatre sites, qui vise un poste de technicienne méthodes. Les niveaux sont exprimés sur une échelle de 1 à 4.

Rubrique Contenu
Situation actuelle Technicienne qualité, site de Compiègne, 4 ans d’ancienneté
Destination Technicienne méthodes, horizon 18 à 24 mois, mobilité acceptée sur les sites de Compiègne et Beauvais
Motivation exprimée Passer de la détection des défauts à la conception des process
Compétences acquises utiles Analyse des non-conformités (3), AMDEC (3), animation de groupes de résolution de problèmes (3)
Compétences à développer Gammes de fabrication (1 vers 3), analyse des temps (1 vers 3), module méthodes de l’ERP (0 vers 2)
Formations « Gammes et analyse des temps », 4 jours, premier trimestre ; module ERP en e-learning, deuxième trimestre
Mission 3 mois au bureau des méthodes sur l’industrialisation de la ligne 4, à mi-temps
Mentorat Julien P., responsable méthodes du site de Beauvais, un échange par mois pendant 6 mois
Mobilité Candidature au premier poste ouvert en méthodes après validation des jalons
Jalons Juin : évaluation des deux compétences cibles ; septembre : bilan de mission ; décembre : point de carrière
Engagements du manager Libérer la demi-journée de mission, organiser le remplacement sur l’audit fournisseurs
Engagements RH Financer les formations, informer Camille des postes méthodes ouverts dans le groupe

Parcours professionnel et passerelles métiers

Le plan de carrière s’inscrit dans le parcours professionnel du collaborateur, c’est-à-dire la succession de postes, de formations et d’expériences qui le constituent. Les passerelles métiers en sont la matière : ce sont les évolutions réalistes depuis un métier donné, parce que les compétences se recouvrent largement. Technicien qualité vers technicien méthodes, assistante commerciale vers acheteuse, préparateur de commandes vers chef d’équipe logistique.

Documenter ces passerelles, avec leur taux de recouvrement de compétences, change la conversation : le collaborateur voit des chemins concrets, et le manager sait quel écart reste à combler. C’est aussi ce qui rend possible une politique de mobilité interne qui produit des mouvements réels.

Les pièges du plan de carrière dans les ETI

  • Promettre un poste. Le plan engage l’entreprise sur des moyens. Une nomination reste une décision ultérieure. Une promesse non tenue provoque souvent le départ qu’on voulait éviter.
  • Réserver les plans aux hauts potentiels. Les techniciens, les opérateurs et les employés de site ont aussi des projets, et ils représentent la majorité des effectifs.
  • Oublier les milieux et fins de carrière. Un collaborateur de 50 ans peut viser une fonction d’expert, de formateur interne ou de tuteur. L’entretien de mi-carrière est un bon moment pour en parler.
  • Déconnecter le plan des besoins. Un plan vers un métier en décroissance prépare une déception. Croisez les souhaits avec les besoins identifiés dans votre GEPP.
  • Ignorer les règles entre entités. Classification, convention collective, rémunération : une passerelle inter-filiales se prépare en amont.
  • Laisser le plan dans un tableur. Personne ne le relit, et il n’apparaît pas au moment où un poste s’ouvre.

Ce que l’IA et Teed changent dans les plans de carrière

Construire un plan de carrière sérieux demande de rassembler les comptes rendus d’entretien, les évaluations de compétences, le référentiel du poste visé et le catalogue de formations. Pour un manager de 15 personnes, c’est rarement fait. Teed, l’agent IA RH de Teedia, prépare ce travail : un manager lui demande « prépare le plan de carrière de Camille, qui vise un poste de méthodes », et Teed renvoie la proximité avec le poste, les écarts compétence par compétence, des formations du catalogue, une mission possible et un mentor, puis met le tout en forme dans un document Word.

Le collaborateur peut aussi interroger Teed, dans l’appli, sur mobile ou dans Microsoft Teams : « quelles compétences me manquent pour devenir technicienne méthodes ? ». La réponse s’appuie sur ses propres données et le référentiel de l’entreprise, sous ses droits d’accès. L’IA propose, l’humain décide.

Le plan ne vit pas isolé. Le souhait d’évolution provient de l’entretien de parcours professionnel mené dans le logiciel de gestion des entretiens, les formations prévues partent dans le plan de formation, et le comité de revue des talents retrouve le projet de Camille quand il étudie la succession du responsable méthodes. Une seule donnée talents relie ces moments.

Comment choisir un outil de gestion des carrières

Critère Ce qu’il faut vérifier Chez Teedia
Lien avec les entretiens Le souhait exprimé alimente le plan sans ressaisie Souhaits d’évolution repris des entretiens
Référentiel de compétences Écart mesurable entre profil et poste visé Écarts calculés à partir du référentiel du poste
Suggestions Postes, formations, missions, mentors proposés Suggestions par l’IA dans la talent marketplace
Suivi Plan daté, visible par le collaborateur et le manager Plan de développement individuel échelonné dans le temps
Multi-entités Passerelles et postes visibles dans tout le groupe Structure multi-entités et multi-sites
Intégration SIRH, paie, outils de formation Connecteurs SIRH, paie et formation
Agent IA Réponses en langage courant, documents prêts à relire Teed, dans l’appli, Teams, par e-mail et via le connecteur MCP
Conformité Hébergement, RGPD, AI Act Hébergé en France chez OVHcloud

Le bon test en démonstration : partir d’un souhait réel exprimé lors d’un entretien récent, et voir en combien de temps l’outil produit un plan d’actions crédible.

Agent IA RH

Le même travail, demandé à Teed

Teed, l'agent IA RH de Teedia, comprend le langage courant et travaille sur vos données réelles, dans le respect des droits de chacun.

Vous

Prépare le plan de carrière de Camille, technicienne qualité, qui vise un poste de technicienne méthodes.

Teed

Voici une proposition de plan, construite à partir du profil de Camille, de ses deux derniers entretiens et du référentiel du poste « Technicien méthodes » :

  • Situation : technicienne qualité depuis 4 ans sur le site de Compiègne, souhait d'évolution vers les méthodes exprimé dans son entretien de parcours professionnel de février.
  • Proximité avec le poste visé : 64 %. Points forts : analyse des non-conformités, AMDEC, animation de groupes de résolution de problèmes.
  • Écarts principaux : rédaction de gammes de fabrication (niveau 1 sur 4, attendu 3), chronométrage et analyse des temps (niveau 1, attendu 3), module méthodes de l'ERP (non évalué).
  • Actions proposées : formation « Gammes et analyse des temps » au premier trimestre, mission de 3 mois au bureau des méthodes sur l'industrialisation de la ligne 4, mentorat par Julien P., responsable méthodes du site de Beauvais.
  • Jalons : évaluation des deux compétences en juin, bilan de mission en septembre, candidature possible au prochain poste ouvert en méthodes.

Ce plan reste une proposition à discuter entre Camille et son manager. Je le mets en forme dans un document Word et je l'ajoute à son plan de développement individuel ?

Avec Teedia

Des plans de carrière nourris par les entretiens et les compétences

Dans Teedia, le souhait d'évolution exprimé en entretien rejoint le plan de développement individuel du collaborateur, la talent marketplace lui suggère postes, formations et mentors, et l'IA mesure l'écart avec le poste visé.

Découvrir le logiciel de talent marketplace
  • Plan de développement individuel échelonné dans le temps, suivi par le collaborateur
  • Suggestions de postes, compétences, formations et mentors par l'IA
  • Écarts de compétences calculés à partir du référentiel du poste visé
  • Souhaits d'évolution repris des entretiens, sans ressaisie

Questions fréquentes sur le plan de carrière

C'est la feuille de route qui décrit comment un collaborateur peut évoluer dans son entreprise : le poste ou le métier visé, l'horizon, les compétences à développer et les actions prévues (formations, missions, mentorat, mobilités), avec des jalons. Il se construit à trois, entre le collaborateur, son manager et les RH, et se révise au moins une fois par an.
Exprimez votre souhait d'évolution à votre manager, de préférence lors de votre entretien de parcours professionnel, avec un métier visé et un horizon. Demandez à identifier ensemble vos écarts de compétences et les actions possibles. Si votre entreprise dispose d'une talent marketplace, renseignez-y votre projet professionnel : les suggestions de postes, de formations et de mentors partent de là.
Le plan de carrière fixe la destination : un poste ou un métier à un horizon de deux à cinq ans. Le plan de développement individuel (PDI) décrit les actions de l'année qui rapprochent de cette destination : formations, missions, mentorat. Le PDI se met à jour plusieurs fois par an, le plan de carrière change plus rarement.
La gestion des carrières regroupe les pratiques par lesquelles une entreprise anticipe et accompagne l'évolution de ses collaborateurs : entretiens de parcours professionnel, revues des talents, plans de carrière, plans de succession, mobilité interne et formation. Elle relie les aspirations individuelles aux besoins en compétences de l'organisation, dans le cadre de la gestion des emplois et des parcours professionnels.
L'entretien de parcours professionnel est le moment où le collaborateur exprime ses perspectives d'évolution et ses besoins de formation. Le plan de carrière transforme ce souhait en actions datées. Sans plan, l'aspiration notée dans le compte rendu reste lettre morte jusqu'à l'entretien suivant, quatre ans plus tard dans le rythme légal.
Non. Un plan de carrière décrit un objectif et des moyens, il ne garantit pas un poste. Pour éviter toute ambiguïté, formulez le poste visé comme une perspective et limitez les engagements de l'entreprise aux actions : formation, mission, mentorat. En cas de doute sur la portée d'un écrit, demandez l'avis de votre conseil juridique.
Deux à cinq ans pour la destination, avec des jalons tous les six mois et une première action dans les trois mois. Au-delà de cinq ans, les métiers et l'organisation changent trop pour que le plan reste crédible. En deçà d'un an, il s'agit plutôt d'un plan de développement dans le poste.
Tous les collaborateurs qui expriment un souhait d'évolution devraient pouvoir en construire un, y compris les populations terrain et les collaborateurs en milieu ou fin de carrière. Réserver les plans de carrière aux hauts potentiels crée un sentiment d'iniquité et prive l'entreprise de mobilités utiles.
Le collaborateur porte son projet, le manager le confronte à la réalité du terrain et s'engage sur les moyens, et les RH apportent la vision des postes, des passerelles et des besoins futurs. Un plan rédigé par une seule de ces trois parties a peu de chances d'aboutir.
Elle peut en préparer le brouillon. Dans Teedia, l'agent IA RH Teed rassemble les souhaits exprimés en entretien, mesure l'écart de compétences avec le poste visé et propose formations, missions et mentors. Le collaborateur et son manager discutent, ajustent et valident : l'IA propose, l'humain décide.

Guides et modèles mobilité interne

Mobilité interne, plans de carrière, mentorat, fidélisation : la méthode et le modèle pour faire bouger les talents.

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