← Ressources
schedule Temps de lecture : 6 minutes

Plan de développement des compétences : modèle et exemple concret

Le modèle de plan de développement des compétences en 7 rubriques, un exemple chiffré pour une ETI de 1 500 personnes et le calendrier pour boucler avant mars.

Le plan de développement des compétences engage le budget formation, aligne les actions sur la stratégie de l'entreprise et passe sous les yeux du CSE. Pourtant, la majorité des ETI le construisent encore sur tableur, avec des semaines de consolidation et des arbitrages à l'aveugle. Voici un modèle de plan de développement des compétences en sept rubriques, un exemple chiffré pour une ETI de 1 500 personnes et le calendrier pour boucler avant mars.

3,7 %de la masse salariale consacrés à la formation en France (Céreq-Dares, 2023)
41 %des salariés ont suivi au moins une formation en 2023 (enquête EFE-a)
33indicateurs Qualiopi depuis le 1er novembre 2026 (décret n° 2026-728)

Qu’est-ce que le plan de développement des compétences ?

Le plan de développement des compétences est le document qui regroupe l’ensemble des actions de formation décidées par l’employeur pour ses salariés. Il a remplacé l’ancien « plan de formation » depuis la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Contrairement au CPF, qui relève de l’initiative du salarié, le plan est piloté par l’employeur.

Il couvre deux catégories d’actions : les formations d’adaptation au poste ou liées à l’évolution de l’emploi (obligatoires, sur le temps de travail) et les actions de développement des compétences, qui peuvent dépasser le cadre du poste actuel. Toute entreprise peut en établir un, quelle que soit sa taille, mais les entreprises de 50 salariés et plus doivent consulter le CSE sur ses orientations (article L2312-24 du Code du travail).

Quelles obligations pour l’employeur ?

Trois obligations encadrent le plan :

  1. Consultation du CSE : chaque année, le comité doit être consulté sur les orientations de la formation et sur le plan lui-même. Le bilan de l’année écoulée et le projet de l’année à venir sont présentés ensemble.
  2. Financement : toutes les entreprises de 11 salariés et plus versent une contribution légale de 1 % de la masse salariale (CUFPA), collectée par l’Urssaf. En pratique, les entreprises dépensent bien davantage : 3,7 % en moyenne selon l’enquête Céreq-Dares de 2023, soit 29 milliards d’euros (Jaune budgétaire 2026).
  3. Qualité des prestataires : depuis le 1er novembre 2026, le référentiel Qualiopi passe à 33 indicateurs (décret n° 2026-728 du 1er août 2026). Si vous achetez des formations externes, vérifiez que vos organismes ont renouvelé leur certification sur la version 10 du guide de lecture.

Le modèle en 7 rubriques

Un plan lisible par le CSE et pilotable toute l’année s’articule autour de sept rubriques.

Rubrique Contenu attendu Source de la donnée
1. Bilan N Actions réalisées, taux de réalisation, budget consommé, évaluations Suivi de l’année écoulée
2. Orientations stratégiques Axes prioritaires, lien avec la GEPP et la stratégie d’entreprise Direction, accord GEPP
3. Recueil des besoins Souhaits individuels, demandes managers, besoins issus des entretiens, habilitations à recycler Entretiens, managers, RH
4. Actions prévues Intitulé, catégorie (adaptation ou développement), public, organisme, modalité Arbitrages RH
5. Budget prévisionnel Coûts pédagogiques, salaires maintenus, frais annexes, financements OPCO Paie, devis, conventions
6. Calendrier Répartition mensuelle, contraintes d’activité, sessions obligatoires Production, RH
7. Indicateurs de suivi Taux de réalisation, budget engagé et consommé, heures, satisfaction Évaluations, reporting

Pour la méthode complète de construction, consultez notre page plan de développement des compétences.

Exemple chiffré : une ETI industrielle de 1 500 personnes

Une ETI industrielle de 1 500 collaborateurs dont la masse salariale est de 60 millions d’euros consacre en moyenne 3,5 % à la formation, soit un budget de 2,1 millions d’euros. Voici une répartition type :

Poste budgétaire Montant Part
Formations obligatoires (sécurité, habilitations, recyclages) 630 000 € 30 %
Formations métiers et montée en compétences 840 000 € 40 %
Formations managériales et compétences transverses 315 000 € 15 %
Numérique, IA, langues 210 000 € 10 %
Réserve pour besoins non planifiés 105 000 € 5 %

Un objectif réaliste est de former 60 à 65 % de l’effectif dans l’année (la moyenne nationale est de 41 %, mais une ETI industrielle outillée fait mieux). Cela représente environ 950 personnes formées, soit un coût moyen de 2 200 € par personne.

Le passage au CSE suppose de présenter ce tableau avec le bilan N-1 en regard : les écarts entre le prévu et le réalisé sont le premier sujet de discussion. Un logiciel de gestion de la formation qui tient le budget en temps réel évite les mauvaises surprises en séance.

Comment construire le plan mois par mois ?

Le plan de développement des compétences se construit entre septembre et mars, en cinq phases.

1Sept.-oct.Lancer le recueil des besoins : entretiens annuels, demandes managers, habilitations à échéanceCollecte
2NovembreConsolider les besoins, chiffrer les actions, demander les devis aux organismesChiffrage
3DécembreArbitrer avec la direction : prioriser par axe stratégique, allouer les enveloppes par entitéArbitrage
4JanvierPrésenter le plan au CSE (bilan N-1 et projet N+1), recueillir l'avis consultatifConsultation
5Fév.-marsPlanifier les sessions, inscrire les participants, conventionner avec les OPCODéploiement
Calendrier type de construction du plan de développement des compétences pour une ETI. Le recueil démarre après les entretiens de septembre.

Le piège classique : commencer en janvier, ce qui repousse la consultation CSE en mars et la première session en avril. Quatre mois d’inaction sur un budget annuel, c’est un quart du plan de formation perdu avant d’avoir commencé.

Les trois erreurs qui font échouer le plan

  1. Confondre recueil et copier-coller. Reprendre les demandes de l’an dernier sans les confronter aux priorités actuelles produit un plan déconnecté. Chaque besoin doit être relié à une compétence cible du référentiel.
  2. Oublier les formations obligatoires. Les formations réglementaires (sécurité, habilitations, recyclages) représentent souvent 25 à 35 % du budget. Les oublier au moment de l’arbitrage, c’est amputer d’autant les formations de développement.
  3. Ne pas suivre l’exécution. Un plan voté en janvier et rouvert en décembre pour le bilan ne sert personne. Le suivi mensuel du taux de réalisation et du budget consommé permet de réallouer les reports et de saisir les financements OPCO avant leur clôture.

Questions fréquentes

Le plan de développement des compétences est-il obligatoire ?

Aucune disposition légale n’impose à l’employeur d’établir un plan formalisé. En revanche, l’obligation de formation (article L6321-1 du Code du travail) et la consultation annuelle du CSE rendent l’exercice incontournable en pratique pour toute entreprise de 50 salariés et plus.

Comment évaluer l’efficacité du plan ?

Le modèle de Kirkpatrick en quatre niveaux (satisfaction, apprentissage, transfert, résultats) reste la référence. Une évaluation à chaud systématique après chaque session fournit déjà un signal de pilotage utile.

À lire ensuite

Ces solutions Teedia peuvent aussi vous intéresser