Index égalité professionnelle : calcul, publication et plan de correction

Les indicateurs et leur barème, la déclaration sur Egapro, les obligations quand la note est basse, puis la méthode pour expliquer chaque écart de rémunération à poste comparable et construire un plan de correction chiffré.

Par Romain Pennes · Mis à jour le 23 octobre 2026 · 9 min de lecture

Illustration : un rapport chiffré, symbole du calcul et de la publication de l'index égalité professionnelle

Chaque 1er mars, les entreprises d'au moins 50 salariés publient leur index de l'égalité professionnelle. Dans une ETI multi-sites, l'exercice mobilise la paie, le contrôle de gestion sociale et les RH pendant des semaines, pour une note qui dit peu de chose de l'endroit où se logent les écarts. Ce guide rappelle les indicateurs et les obligations de publication et de correction, puis montre comment analyser un écart salarial entre femmes et hommes à poste comparable, l'articuler avec la directive européenne sur la transparence des rémunérations et en tirer un plan d'actions chiffré.

Index égalité professionnelle : principe et entreprises concernées

L’index de l’égalité professionnelle traduit en une note sur 100 plusieurs indicateurs d’écart entre les femmes et les hommes. Il s’applique aux entreprises d’au moins 50 salariés, qui le calculent sur une période de référence de 12 mois et le publient chaque année.

L’index mesure une partie d’une obligation qui existe indépendamment de lui. Le principe reste celui du Code du travail, selon lequel tout employeur assure l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale. Une bonne note ne protège donc pas d’un litige individuel, et c’est pourquoi l’analyse fine des écarts, poste par poste, compte autant que la note elle-même.

Pour un groupe, l’index se calcule en principe société par société, ou au niveau d’une unité économique et sociale reconnue. Une ETI de cinq sociétés peut ainsi publier cinq notes très différentes, avec des populations et des conventions collectives distinctes. Le pilotage de l’égalité gagne à s’inscrire dans une politique de rémunération commune, appliquée à toutes les entités.

Les indicateurs de l’index et leur barème

Le nombre d’indicateurs dépend de l’effectif. Le tableau ci-dessous présente les indicateurs et le nombre maximal de points de chacun ; les modalités précises de calcul (salariés pris en compte, éléments de rémunération, seuils de pertinence, groupes valides) sont fixées par décret et détaillées sur le site Egapro du ministère du Travail.

Indicateur Plus de 250 salariés 50 à 250 salariés
Écart de rémunération entre femmes et hommes, par tranche d’âge et catégorie de postes 40 points 40 points
Écart de taux d’augmentations individuelles 20 points 35 points (promotions incluses)
Écart de taux de promotions 15 points Non calculé séparément
Part des salariées augmentées à leur retour de congé maternité 15 points 15 points
Nombre de salariés du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations 10 points 10 points
Total 100 points 100 points

Deux remarques d’expert. D’abord, l’indicateur de rémunération compare des groupes (tranche d’âge et catégorie de postes) et applique un seuil de pertinence : des écarts réels au sein d’un métier peuvent rester invisibles dans la note. Ensuite, l’indicateur du retour de congé maternité est souvent perdu pour une raison administrative, faute de règle claire appliquée par tous les managers, alors que l’obligation de rattrapage existe indépendamment de l’index.

Publication sur Egapro, mesures de correction et objectifs de progression

Les obligations suivent la note :

  • Publication annuelle. Au plus tard le 1er mars, l’entreprise publie sa note globale et le résultat de chaque indicateur, de manière visible et lisible, en général sur son site internet. Elle les transmet au CSE et à l’administration par la déclaration sur Egapro.
  • Note inférieure à 85. L’entreprise fixe et publie des objectifs de progression pour chaque indicateur dont le maximum n’est pas atteint.
  • Note inférieure à 75. Elle doit définir des mesures de correction et de rattrapage salarial, dans le cadre de la négociation sur l’égalité professionnelle ou, à défaut d’accord, par décision unilatérale après consultation du CSE. Elle dispose de trois ans pour atteindre 75 points ; à défaut, une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1 % de la masse salariale peut être appliquée.

Les mesures de correction se discutent avec les délégués syndicaux dans le bloc égalité de la négociation annuelle obligatoire. Pour une situation particulière (périmètre d’une UES, période de référence, population non calculable), faites valider votre approche par un conseil juridique.

Analyser l’écart salarial hommes femmes à poste comparable

La note donne une alerte ; l’analyse donne la cause. Elle se fait en trois temps.

1. Mesurer l’écart brut par catégorie. Comparez la rémunération moyenne et médiane des femmes et des hommes, en équivalent temps plein, emploi par emploi ou par catégorie de valeur égale. La grille salariale de l’entreprise, construite à partir d’une pesée des postes, fournit ces catégories.

2. Décomposer l’écart. Un modèle statistique répartit l’écart entre une part expliquée par des facteurs objectifs (niveau, ancienneté, site, compétences, performance) et une part résiduelle. Le calcul doit être reproductible : mêmes données, même résultat. C’est la condition pour présenter les chiffres à une commission égalité ou à l’administration.

3. Remonter aux causes. Une part expliquée n’est pas forcément justifiée. Si les techniciennes restent au niveau N2 quand leurs collègues passent N3, le niveau de classification explique l’écart, mais c’est le processus de promotion qu’il faut examiner. Les causes fréquentes en ETI : salaires d’embauche négociés différemment, promotions moins fréquentes après un temps partiel, augmentations oubliées au retour de congé, primes réservées à des horaires peu accessibles.

Index égalité et directive européenne sur la transparence des rémunérations

La directive (UE) 2023/970 devait être transposée par les États membres au plus tard le 7 juin 2026. En France, la transposition est en cours d’examen à la date de mise à jour de ce guide. Les principaux changements portés par le texte européen, à confirmer dans la loi française et ses décrets :

Sujet Index égalité actuel Directive transparence (texte européen)
Logique Note sur 100 issue d’un barème Indicateurs d’écart publiés en valeur
Écart de rémunération Par tranche d’âge et catégorie de postes Écarts moyen et médian, composantes variables, quartiles, écarts par catégorie de travailleurs
Comparaison Groupes d’âge et de catégorie Travail égal ou de valeur égale, sur des critères objectifs et neutres
Seuil d’action Note inférieure à 75 Écart d’au moins 5 % dans une catégorie, non justifié et non corrigé : évaluation conjointe avec les représentants du personnel
Salariés Information collective Droit individuel à l’information sur sa rémunération et les niveaux moyens de sa catégorie, par sexe
Candidats Pas de disposition spécifique Information sur la rémunération ou la fourchette de départ

Le texte européen prévoit un reporting gradué selon l’effectif à partir de 100 travailleurs ; le projet français peut retenir des seuils et un calendrier différents. Le point commun est clair : il faudra expliquer chaque écart par des critères objectifs. Le logiciel de transparence salariale de Teedia prépare ce travail : pesée des postes sur les quatre facteurs de la directive, catégories de valeur égale, décomposition des écarts et réponses au droit à l’information.

Construire le plan d’actions et le budget de correction

1CiblerCatégories au-dessus du seuil, personnes concernées.
2ChiffrerBudget de rattrapage, sur l'écart brut ou résiduel.
3PrioriserRevalorisation nécessaire et criticité des talents.
4Corriger les causesPromotions, embauches, retour de congé, temps partiel.
Les 4 étapes d'un plan de correction des écarts de rémunération

Un plan d’actions crédible combine deux volets. Le rattrapage corrige les salaires existants : il se chiffre catégorie par catégorie, par exemple 18 400 € pour ramener sous 5 % l’écart d’une catégorie de 22 cadres experts, et s’intègre à la revue salariale sous forme d’enveloppe dédiée. La prévention agit sur les processus qui recréent l’écart : critères de promotion écrits, contrôle des salaires d’embauche face à la fourchette, augmentation systématique au retour de congé maternité, accès des salariés à temps partiel aux postes à responsabilité.

La priorisation relie la rémunération à la gestion des talents. Croiser la revalorisation nécessaire avec la performance, le potentiel et le risque de départ, issus d’une revue des talents, permet de traiter d’abord les situations où l’écart menace de faire partir une personne clé. À l’inverse, les techniciennes repérées au niveau N2 alors qu’elles remplissent les critères du N3 rejoignent l’ordre du jour de la people review suivante, avec leurs compétences évaluées en entretien comme pièces du dossier. L’égalité devient ainsi une décision de gestion des talents, suivie dans le temps.

Comment choisir un outil pour l’index égalité et l’analyse des écarts

Le simulateur Egapro calcule la note. Pour expliquer et corriger les écarts dans un groupe de plusieurs milliers de salariés, un outil doit couvrir davantage :

Critère Ce qu’il faut vérifier Ce que propose Teedia
Données de paie Import sans ressaisie, plusieurs paies et entités ? Connecteurs SIRH et paie, consolidation multi-entités
Catégories de comparaison Catégories de valeur égale fondées sur une pesée ? Pesée sur les 4 facteurs de la directive, catégories générées, score de robustesse
Méthode de calcul Décomposition reproductible et documentée ? Modèle statistique déterministe, part expliquée et part résiduelle
Correction Budget chiffré, personnes ciblées, lien avec la revue salariale ? Budgets de remédiation priorisés, effet des propositions suivi avant la clôture
Agent IA Questions en langage courant, notes rédigées ? Teed, sous les droits de l’utilisateur, notes Word relues par la RH
Confidentialité Seuils d’effectif, droits par rôle, hébergement ? Statistiques masquées sous un seuil d’effectif, hébergement en France chez OVHcloud, RGPD et AI Act

Ce que Teed change dans l’analyse des écarts

Teed, l’agent IA RH de Teedia, met l’analyse des écarts à portée de question, depuis l’application, Microsoft Teams, le mobile ou un assistant comme Claude, ChatGPT, Copilot ou Mistral via le connecteur MCP.

  • Expliquer un écart. « Explique l’écart de rémunération femmes / hommes chez les techniciens de maintenance » renvoie la décomposition par ancienneté, niveau et temps partiel, calculée par le modèle statistique, puis la part résiduelle et sa localisation.
  • Préparer les documents. Teed rédige la note pour la commission égalité ou le CSE, la synthèse des mesures de correction et les projets de réponse au droit à l’information, en Word, à partir des statistiques réelles de la catégorie ; la RH relit et valide.
  • Suivre la correction en campagne. Pendant la revue salariale, Teed signale aux managers et à la RH les propositions qui creusent un écart, et mesure l’effet de l’ensemble sur l’index avant la clôture.

Les rémunérations restent des données à accès restreint : Teed agit sous les droits de la personne qui l’interroge, les statistiques des petites catégories sont masquées et les données sont hébergées en France chez OVHcloud. L’IA propose, la RH décide.

Agent IA RH

Le même travail, demandé à Teed

Teed, l'agent IA RH de Teedia, comprend le langage courant et travaille sur vos données réelles, dans le respect des droits de chacun.

Vous

Explique l'écart de rémunération femmes / hommes chez les techniciens de maintenance.

Teed

Voici la décomposition pour les 46 techniciens de maintenance des 3 sites (8 femmes, 38 hommes), salaires de base en équivalent temps plein, exercice 2026 (données de l'exemple) :

  • Écart brut : 35 100 € en moyenne pour les femmes, 37 500 € pour les hommes, soit 6,4 % en défaveur des femmes.
  • Ancienneté : elle explique 3,1 points ; les femmes ont 5 ans d'ancienneté moyenne contre 11 ans pour les hommes, l'équipe s'étant féminisée récemment.
  • Niveau de classification : il explique 1,6 point ; 1 technicienne sur 8 est en N3, contre 12 techniciens sur 38.
  • Temps partiel : 2 femmes et 1 homme travaillent à 80 % ; la comparaison en équivalent temps plein neutralise cet effet sur le salaire de base.
  • Part résiduelle inexpliquée : 1,7 point, sous le seuil de 5 % ; elle se concentre sur le site d'Annecy.

Ces chiffres viennent du modèle statistique de Teedia : mêmes données, même résultat. Je rédige une note pour la commission égalité, à relire par la RH, et je liste les techniciennes éligibles à un passage en N3 pour la prochaine people review ?

Avec Teedia

Des écarts mesurés, expliqués et corrigés dans la revue salariale

Le module Transparence salariale de Teedia calcule les écarts par catégorie de valeur égale, les décompose avec un modèle déterministe et chiffre les budgets de correction. Pendant la revue salariale, l'effet des propositions sur les écarts et sur l'index se lit avant la clôture.

Découvrir le logiciel de rémunération
  • Écarts femmes-hommes par catégorie, avec score de robustesse
  • Décomposition reproductible : part expliquée et part résiduelle
  • Budgets de remédiation priorisés, collaborateur par collaborateur
  • Indicateurs de l'index et de la directive suivis au même endroit

Questions fréquentes sur l'index égalité professionnelle

On calcule chaque indicateur sur une période de référence de 12 mois consécutifs, selon les règles fixées par décret : écart de rémunération par tranche d'âge et catégorie de postes, écarts d'augmentations et, au-delà de 250 salariés, de promotions, retour de congé maternité, hautes rémunérations. Chaque résultat donne des points ; leur somme forme la note sur 100. Le simulateur du site Egapro guide le calcul.
Il n'existe pas d'indice national unique : chaque entreprise d'au moins 50 salariés calcule sa propre note. En 2026, la note publiée au plus tard le 1er mars porte sur la période de référence précédente, le plus souvent l'année 2025. La transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations doit faire évoluer ce dispositif dans les années à venir.
Il pose le principe d'égalité de rémunération : tout employeur assure, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes. L'index mesure certains écarts ; il ne remplace pas ce principe, qui s'apprécie aussi au cas par cas, à travail de valeur égale.
Egapro est le service en ligne du ministère du Travail qui permet de calculer l'index égalité professionnelle et de le déclarer à l'administration. Les entreprises y déclarent leur note, le détail des indicateurs et, le cas échéant, leurs objectifs de progression et mesures de correction. Les notes déclarées sont consultables publiquement.
Les entreprises d'au moins 50 salariés. Celles de plus de 250 salariés calculent cinq indicateurs, celles de 50 à 250 salariés en calculent quatre, l'écart de taux d'augmentations y intégrant les promotions. Dans un groupe, l'obligation s'apprécie en principe entreprise par entreprise, ou au niveau d'une UES si elle est reconnue.
Elle doit définir des mesures de correction, par accord ou à défaut par décision de l'employeur après consultation du CSE, pour atteindre au moins 75 points dans un délai de trois ans. Faute d'y parvenir, une pénalité financière pouvant aller jusqu'à 1 % de la masse salariale peut être appliquée. Sous 85 points, des objectifs de progression doivent aussi être fixés et publiés.
L'écart brut compare la rémunération moyenne ou médiane des femmes et des hommes d'une population. L'écart ajusté compare des situations comparables, en tenant compte du poste, du niveau, de l'ancienneté ou du site. Le premier montre la réalité vécue, le second isole la part que ces facteurs n'expliquent pas. Les deux sont nécessaires.
Non. Si les femmes sont moins promues, l'effet du niveau de classification explique l'écart statistiquement, mais il peut lui-même révéler une inégalité dans les promotions. L'analyse doit donc remonter aux causes : recrutement, promotions, augmentations, temps partiel, retour de congé. C'est ce qui distingue une explication d'une justification.
La directive (UE) 2023/970 fixe de nouveaux indicateurs d'écart de rémunération, une évaluation conjointe au-delà d'un écart de 5 % non justifié dans une catégorie, et un droit à l'information des salariés. Sa transposition en droit français est en cours : l'articulation exacte avec l'index et les dates d'application sont à vérifier dans le texte définitif, avec votre conseil juridique.
Identifier d'abord les personnes concernées, catégorie par catégorie, puis prévoir une enveloppe de rattrapage distincte, intégrée à la revue salariale, et agir sur les causes : critères de promotion, augmentations au retour de congé maternité, salaires d'embauche, accès aux postes à responsabilité. Le suivi se fait pendant la campagne, avant la clôture.
Oui. Les résultats de l'index sont mis à la disposition du CSE, notamment dans la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE), avec les précisions utiles à leur compréhension. Ils nourrissent aussi la négociation sur l'égalité professionnelle dans les entreprises qui y sont soumises.

Guides et modèles rémunération

Grille salariale, NAO, index égalité, transparence : la méthode et les repères pour décider.

Prêts à passer à l'action ?

Contactez notre équipe et découvrons ensemble comment le logiciel humain de gestion des talents Teedia peut vous aider.

Ressources liées